Portrait

Hélène Sea Ung, l’artiste qui peut enfin se réaliser

Autodidacte... Hélène Sea Ung se définit comme une artiste peintre illustratrice et modèle photo. Depuis son enfance la ravissante métisse dessine, et aujourd’hui elle a décidé de vivre de sa passion. Rencontre avec une jeune femme qui a, enfin, trouvé sa voie.


Hélène Sea Ung, l’artiste qui peut enfin se réaliser
Elle est artiste depuis l’enfance et totalement autodidacte. Hélène a aujourd’hui 33 ans mais semble tout juste sortie de l’adolescence. Son talent et sa passion sont intimement liés à son histoire familiale.
Hélène et sa sœur ont été élevées dans un milieu à forte sensibilité artistique. La jeune femme  ainsi témoigne : «  je n’ai jamais arrêté de dessiner, c’est ma passion. J’ai appris par moi même. Mon père était très  attiré par l’art. Mes premiers souvenirs d’enfance sont liés au dessin au crayon. J’adorais dessiner des princesses en primaire ». A Noël, les petites filles reçoivent invariablement des fournitures pour le dessin.

Victime de racisme 
Son histoire cependant est aussi entachée d’une face plus sombre, source de toute sa sensibilité. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la petite Hélène va être victime de racisme lors de ses années de primaire. De sa mère réfugiée Cambodgienne, elle a hérité de ses origines asiatiques. 
A l’époque la toute petite fille parle mal français, une langue que sa maman ne maîtrise alors pas totalement. Face aux moqueries, la petite fille va se replier sur elle-même et trouver refuge dans ses dessins. Ce rejet, qu’elle tait, sera lourd à porter. Ce n’est que très récemment qu’elle a évoqué le sujet avec son père, français d'origine, qui est totalement tombé des nues.

Le dessin ne peut qu’être un passe temps
Sa mère, boat people qui a tout perdu, veut le meilleur pour ses filles. Le dessin ne peut qu’être un passe temps. Sagement Hélène va renoncer à ses études d’art pour prendre le chemin de la Fac d’anglais. Elle continue cependant à s’entrainer au fusain, à l’encre de Chine, aux crayons de couleur, à l’acrylique… « Pendant longtemps j’ai été une artiste frustrée, de mes années lycée à mon arrivée à La Réunion j’ai fait une croix sur l’art».

Hélène Sea Ung, l’artiste qui peut enfin se réaliser
Il y a six ans, Hélène Sea Ung atterrit à La Réunion suite à une histoire d’amour qui se finira en rupture houleuse. « Je me suis retrouvée face à moi-même ici. Je travaillais comme assistante d’anglais au collège de Terre Sainte et j’animais des ateliers d’arts créatifs et de danse moderne jazz , hip hop et dance hall ». Hélène va alors vouloir reprendre des études pour être professeure des écoles mais va tomber malade alors qu’elle vient de s’inscrire à la formation par correspondance… Le déclic va alors se produire.

" J’ai réalisé  que je devais faire de l’art et ne plus être guidée par mes peurs "
«  J’ai réalisé  que je devais faire de l’art et ne plus être guidée par mes peurs. J’ai réalisé la pression passée que j’avais subi de la part de ma mère pour réussir, trop de pression. Je me suis enfin écoutée. Je suis sortie de ma zone de confort il y a un an. Je suis aujourd’hui heureuse. Enfin je suis une artiste à part entière,  c’est le meilleur choix de toute ma vie. Je m’investis dans ce que je sais faire le mieux ».
 
Pour se faire connaître l’artiste utilise les réseaux sociaux. Elle n’en revient pas, mais les premières commandes arrivent. Ses œuvres aujourd’hui ? Elle privilégie la peinture acrylique actuellement et s’inspire des femmes, mais aussi peint à merveille les oiseaux. « Au début je peignais des femmes asiatiques, comme une thérapie, pour faire la paix avec mes origines et depuis que je suis à La Réunion je peins les femmes en général. Mes femmes sont fortes mais fragiles à l’intérieur ». Hélène Sea Ung a retrouvé le sourire…




Vendredi 11 Août 2017
7magazine
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