Jacques Dambreville

«Je m’émerveille facilement!»

Mercredi 27 Mai 2009

Jacques Dambreville se confie…
Il ouvre sa boîte à souvenirs. Et l’on se rend compte que cet homme a privilégié son amour de la culture et son parcours professionnel. Et qu’il a parfois oublié de vivre pleinement sa vie personnelle. Isolé, solitaire, et paradoxalement entouré de plein de monde, Jacques Dambreville se sent au final un peu seul au moment où son avenir à l’ODC est incertain…


Jacques Dambreville
Homme de théâtre, homme de culture, homme de lettres, forcément Jacques Dambreville est en représentation permanente. L’homme est ainsi : artiste dans l’âme, showman naturel. Et un vrai livre ouvert qui sait se confier et qui sait amener son auditeur avec lui, dans ses souvenirs. Entre sourires et chagrins, le directeur de l’ODC se confie, et pendant plus de deux heures, on se laisse emporter par les paroles de ce poète.

Jacques Dambreville
Un objet
L’intérêt que je peux porter à un objet tient d’avantage compte de ce qu’il m’évoque que de sa propre valeur marchande. Je garde chez moi depuis plus de vingt ans, malgré mes nombreux déménagements, un petit manège en plâtre que m’avait offert un collectif de forains à l’issue des deuxièmes Florilèges que j’avais organisés au Tampon. Il a la faculté de me replonger dans une période où la parole de ceux qui étaient souvent traités comme des voyous avait une vraie valeur…elle !

Un lieu
J’ai du mal à privilégier un lieu, j’ai la faculté de m’émerveiller facilement et mon esprit vagabond prête vie au moindre détail. Mais plus que le lieu lui-même, c’est la rencontre provoquée qui m’imprègnera et je ne saurai jamais qui du lieu ou de la rencontre aura été déterminant. Fort de cette observation, j’aurais un faible pour la Mare à Poule d’Eau, ce lieu de promenade idyllique à travers son sentier parfumé où les cœurs de chouchou s’offrent irrésistiblement. J’aime aussi la falaise du port de Ste Rose, lieu propice aux rêves qui s’échafaudent à la fréquence de la houle avant de s’étioler dans l’écume des vagues.


Jacques Dambreville
Un pays
Sans aucun doute Madagascar, même si je ne pourrais jamais oublier ma participation au carnaval de Salvador de Bahia sur un char en compagnie de Gilberto Gil et de Daniela Mercury, je reste profondément attaché à la Grande Ile. C’était comme si j’y avais habité dans une autre vie, dès ma première visite tout me semblait familier, les collines, les rizières, les ruelles, les couleurs, les odeurs…

Une personne
Je ne serais jamais devenu l’homme que je suis sans les rencontres qu’un bienveillant destin a placé sur mon chemin, mais je ne sais pas si je dois privilégier ma mère qui m’a prêté vie, mon père qui m’a mis sur les rails, ce philosophe qui m’a fait grandir ou toutes ces femmes que je n’ai su garder mais qui m’ont aidé à me dépasser. Si comme le dit le poète la femme est l’avenir de l’homme, j’opterai pour une femme, elle saura se reconnaître.


Jacques Dambreville
Un événement personnel
La naissance de mes enfants avec à chaque fois une aventure particulière. Je terminais mon dernier cycle à Paris pendant que mon premier fils prenait corps dans le ventre de sa mère, je suis juste revenu au pays pour assister à sa naissance. De retour à l’institut, je traînais le week-end dans les parcs où discrètement je suivais les mamans qui promenaient leurs bébés pour essayer d’imaginer le mien.

Une période de ma vie
Mon service militaire que j’ai vécu comme une initiation. Radio, photographe, sportif portant les couleurs de mon régiment, assistant social, grand frère d’un groupe de créoles qui débarquaient en France pour la première fois dans une caserne qui n’avait jamais accueilli des Noirs. Je n’ai eu de cesse de défendre mes compatriotes qui sont tous revenus avec leurs permis de conduire, ce qui leur assurait à l’époque un emploi sûr.

LM









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