Jean-Claude Coindin, Le Mr Cases Créoles à 50 000€Il est vraiment phénoménal…Impossible d’avoir échappé à la Jean-Claude Coindin mania qui s’est abattue sur l’île depuis quelques mois. Il est partout le petit Malbar de Sainte-Suzanne qui cite Montesquieu: à la télévision, sur les 4x3, dans les journaux et les magazines… Ce chef d’entreprise a choisi de s’exposer, d’assurer lui–même sa promotion et le pire c’est que cela fonctionne…
Chez lui, dans son bel appartement de Sainte-Clotilde, Jean-Claude Coindin, tout sourire, accueille 7 Magazine. Bluffant ce self made man et incroyablement gentil, qui raconte et se raconte. Mais attention, il a choisi de se mettre en scène, mais de façon très contrôlée, un grand pro! Cet homme là a décidément tout compris à la communication, et au marketing en général, à faire pâlir tous les donneurs de leçons. Désolée pour tous ses détracteurs mais cet homme est d’une simplicité magnifique. Il se livre dans son refuge dionysien, sa garçonnière, 125m2, «mon truc à moi». Divorcé depuis 7 ans et père de 4 enfants, il aime occuper ce lieu de transition qui lui permet de venir boire un verre avec ses amis, faire de la musique ou simplement dormir…
Le travail, ma vie, tout est lié
«Je viens ici avec mes amis qui forcément font partie de mon cadre professionnel, comme mon assureur… Le travail, ma vie, tout est lié… J’aime bien tout ce qui est couleur. Cet appartement je l’ai voulu coloré, mon architecte décorateur a ensuite tout cassé pour donner des volumes. Les plans ont été faits à Bombay. J’aime ce rappel de l’Inde, les coffres, les dorures et le rouge…». L’atmosphère qui se dégage est surtout la sérénité, il fait frais, le climatiseur ronronne, et l’air sent la vanille.
Le plus étonnant est à venir… Sans aucun effet d’annonce, il assène: «Je suis peintre aussi, passionné de musique: le piano et la guitare, et puis ingénieur. J’ai tout appris tout seul. C’est pareil pour le bateau, j’ai un 10 mètres à Saint-Gilles et un 8 mètres à Sainte-Marie, je suis navigateur et puis j’oubliais, pilote privé sur les petites distances comme pour aller à Maurice ou à Mada. En fait c’est facile! En revanche je ne sais pas ouvrir le capot de ma voiture…». Dommage quand on voit sa belle cylindrée allemande qui l’attend dehors que ce ne soit pas son truc…
«J’avais 31 ans quand j’ai crée ma société», il en a 43 aujourd’hui… Aujourd’hui avec 40 personnes je me consacre aux maisons privées individuelles qui techniquement peuvent aller très vite. Je veux vendre le moins cher possible, ma maison F4 avec 3 chambres à 50 000€. Je veux vendre plus de 100 maisons par an, sans commercial. Cette technique marketing demande beaucoup d’argent, investi principalement dans la communication. Et puis je sais que notre métier est considéré comme un métier de voyou, de voleur, nous sommes très mal perçus. En me mettant en scène, chaque client me voit, je m’expose et je le dis «Apel à moin». Je suis l’incontournable dans ma société. Tout est bien rodé… Un client fini fatalement avec moi. Je travaille bien sûr le samedi, les gens sont disponibles ce jour là. Le travail ne m’a jamais gêné. Pour moi c’est un plaisir de travailler, de donner du bonheur aux gens. Je suis le moins cher, je vends mes maisons au plus juste prix et avec des astuces techniques.
A force de me montrer, j’ai attiré l’attention sur moi et pendant le salon de la maison j’ai eu un control fiscal. Je suis clair à l’arrière, tout va bien, mais comme le dit Montesquieu: «L’homme est un loup pour l’homme». Il quitte l’école en 5ème et fini par obtenir son bac mention TB…
Et cette fameuse pub qui l’a rendu célèbre? «J’ai investi énormément, 1,2millions € au total. Pour faire la pub, j’ai tout fait seul et me suis penché sur l’infographie. Pour les poèmes du calendrier, c’est moi aussi… Je suis aussi cuisinier… Mon seul regret aujourd’hui est de ne pas avoir le temps de faire de bateau. Mon père est marin pêcheur professionnel, et j’ai cette passion de la mer. En fait quand j’ai quitté l’école en 5ème, je me refugiais en mer. J’ai des parents incroyables, mon père ne sait ni lire, ni écrire, et ne veut pas parler français. Ma mère, elle, a passé son permis à plus de 60 ans. En fait j’étais très mauvais élève. En 5ème j’allais torse-nu à l’école. J’étais une tête dure! Comme il fallait me caser, on m’a placé dans une école au Moufia, mais j’ai raté la rentrée… On m‘a alors orienté vers un CAP menuiserie et là, ma vie à basculé. Quand j’étais jeune, j ‘étais un manuel et j’ai aimé travailler le bois. Alors j’ai passé mon BEP métreur et puis mon CAP… J’ai réintégré le circuit, j’ai fait une première d’adaptation F4 et ai eu mon bac avec mention très bien… Et puis j’ai embrayé sur des études d’ingénieur.
Quand j’ai quitté l’école, il y en a un qui a cru en moi. Le père Antoine Lanne. Il m’avait compris. Je suis catholique, j’ai mon coin de prière et ma bible. Je crois que je suis plus culturel que cultuel. Mes parents ont toujours été très respectueux de mon choix du catholicisme, même si je vais au temple. Ma religion est une condition sine qua non dans ma vie. Les gens m’ont déjà dit que «j’étais comme un ruisseau». En fait je ne suis pas du tout matérialiste ».
On le croit, il aime les fleurs, la poésie et comprend tout plus vite que tout le monde mais attention aux loups… Mardi 15 Décembre 2009
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