Culture

Nicolas Schaub, le motion designer Réunionnais

Habiller de lumière les avenues de Port-Louis et échauder des installations étincelantes, telle a été la mission confiée au motion designer Réunionnais Nicolas Schaub... Un pari relevé avec brio par l'artiste.


Sa création  "Confidences d'un confiseur libre" restera dans les mémoires. Pour lui participer à Porlwi by Light était un rêve. Alors qu'il étudiait les effets spéciaux son professeur lui avait bien dit que le métier qu'il ferait plus tard n'existait pas encore... Effectivement le voici aujourd'hui motion designer, il fait du vidéo mapping ce qu'il définit comme "une sorte de cinéma moderne éphémère". 

Comment en est-il arrivé là? Après un Bac scientifique au lycée de Bellepierre, le jeune Nicolas qui déjà a la fibre artistique entre aux Beaux Arts en métropole et s'intéresse aux animations 2D et 3D... Ses origines expliquent en partie sa vocation: son grand-père architecte de renom mauricien, son propre métissage de mère réunionnaise et de père d'origine russe et mauricienne. A 36 ans, l'artiste aux yeux si clairs explique aussi son cheminement créatif par la vie incroyable qu'il a pu avoir notamment en bourlinguant sur les mers avec ses parents pendant de nombreuses années.

Pour lui La Réunion évoque aujourd'hui un cocoon, le confort, un endroit où il se sent bien même si Maurice l'attire aussi énormément.

Comment est né son projet créatif pour Porlwi by light? "C'est une belle histoire. Je voulais faire un video mapping avec une jolie histoire mais surtout du contenu. Je souhaitais évoquer l'histoire, l'architecture. L'expression artistique peut aussi apporter à l'éducation".
En faisant des recherches l'artiste va alors tomber dans un restaurant sur un livre relatant les lettres de Furcy ( le livre de Mohammed Assaoui prix Renaudot). Furcy, un homme qui pendant 27 ans va se battre contre la justice française pour sortir de son statut d'esclave. Il va s'exiler à Maurice, qui l'affranchira ce dernier n'ayant été enregistré en arrivant dans l'île soeur, et ouvrir une confiserie qui deviendra très prospère le propulsant au rang de notable. Il finira homme libre, enfin affranchi quelques années avant l'abolition de l'esclavage.

Se basant sur ces fait historiques, ces lettres regorgeant de vie, l'artiste va alors faire tout un travail d'animation , en 4 minutes relatant les confidences de ce confiseur libre. Le film est appelé à connaitre une version plus longue, qui sera diffusée lors des journées du patrimoine à La Réunion. Furcy est un projet "qui me prend aux tripes" avoue l'artiste. Sa fille qui va naître au mois de mars est déjà dans le générique, une histoire d'éducation, de témoignage, de transmission. 

Nicolas Schaub, le motion designer Réunionnais

Vendredi 23 Décembre 2016
Catherine RONIN
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