People Réunion

Bertrand Guillot

directeur général de SFR - En double appel


CÔTÉ CHIC

Bertrand Guillot
Quels conseils donneriez-vous à Orange pour vous rattraper ?
Aucun conseil ! Je ne souhaite pas que Orange nous rattrape et d’ailleurs je ne crois pas qu’ils nous rattraperont. Orange est arrivé 5 ou 6 ans après SFR et je dirais que les positions entre nous deux se sont stabilisées en 2 ans avec 65 % de parts de marché pour SFR et un peu moins de 30% pour Orange. Chacun fait donc ce qu’il peut pour développer son affaire, et je ne donnerais donc pas de conseils à Orange. Je m’occupe du mien, c’est déjà beaucoup.

Si un 4ème opérateur venait à s’installer sur le marché, comment lui souhaiteriez-vous la bienvenue ?
Je ne pense pas qu’il y ait de place pour un nouvel opérateur. On le voit bien avec Only qui est arrivé il y a 2 ans, et qui stagne déjà. Cela prouve bien que pour 800 000 habitants, trois opérateurs téléphoniques sont largement suffisants. Je rappelle que pour 60 millions de métropolitains il existe trois opérateurs pour couvrir leur réseau de téléphonie. Donc si un quatrième venait à s’installer, ce serait démesuré.

SFR connaît-elle la crise ?
Depuis le mois de janvier 2009 nous voyons en effet nos revenus de communication chuter. Nos clients font plus attention à leur facture et communiquent moins, chose qu’ils ne faisaient pas avant. Il est donc vrai que nous constatons cet effet de crise par rapport à cette baisse très étonnante de plus de 10% environ sur une facture moyenne et ce quelque soit le type de forfait utilisé. Mais nous remontons doucement cet effet de crise et je pense que d’ici le mois d’avril, les choses reprendront.

SFR est lié à la couleur rouge, avez-vous donc des accointances avec la CGTR ?
(rires) On a un syndicat CGTR très bien représenté à SFR, c’est vrai, mais ce n’est pas lié à ça, non ! Tout est lié à l’historique de l’entreprise et nous tenons à garder ce point de ralliement. La couleur rouge, c’est la couleur du feu, de l’amour… Nous sommes fiers de notre étendard, si cher également au cœur des Réunionnais.


CÔTÉ CHOC

Bertrand Guillot
Quand considérerez-vous avoir réussi à faire oublier Jean-Pierre Haggai ?
Je ne cherche pas à faire oublier Jean-Pierre Haggai. C’est un homme qui a développé l’entreprise SFR les dix premières années de sa vie et il l’a très bien fait, d’ailleurs c’est tout à son honneur. Par contre, la roue tourne et la vie fait qu’il est bien et bon de changer de dirigeants d’une entreprise pour de nouvelles idées et une nouvelle vision des choses. J’espère que depuis 3 ans que je suis là, l’entreprise a su prendre le tournant qu’elle devait prendre, sachant que le marché de téléphonie mobile s’est fortement développé ces dernières années à La Réunion.

Quand admettrez-vous enfin que les antennes relais peuvent être nocives pour la santé ?
Dès le début des éléments de preuve qui seraient publiés. Il n’est pas prouvé aujourd’hui que les antennes relais soient dangereuses et les avis divergent encore. Mais je tiens à dire que nous ne sommes pas des assassins et que s’il commence à être prouver que les antennes posent problème, nous serons les premiers à porter une attention particulière sur le sujet.
En tout cas, nous avons été missionné par les autorités pour couvrir une large zone et nous essayons de fixer nos antennes loin de la population. Notre effort se dirige également sur l’esthétique de ces antennes même s’il y a eu des ratés dans le passé. Je précise tout de même qu’une antenne radio émet 50 fois plus d’ondes qu’une antenne de téléphonie mobile et pourtant personne n’en parle autant. Maintenant tout est une question de choix. Si on veut avoir un réseau complet, il faut installer des antennes relais.

Franchement, sauriez-vous traduire clairement une facture détaillée comprenant communications wap, sms, dépassement de forfait… etc. à une ménagère ?
On essaye d’être clair sur ce que l’on facture et je suis conscient que c’est parfois difficile, parce que les terminologies et les mots utilisés ne sont pas souvent clairs et parfois les gens ne savent pas ce qu’ils achètent. Moi-même avant d’être patron de téléphonie mobile j’étais un consommateur comme tout le monde pendant de nombreuses années et j’ai vécu cette expérience aussi. C’est un sujet complexe sur lequel nous ne sommes pas parfaits.

Maintenez-vous le rythme des procès contre les autres opérateurs téléphoniques, SFR faisant office de l’ogre ?
Non, on n’a pas fait de procès depuis que je suis arrivé chez SFR. D’abord ce n’est pas ma façon de faire. S’il y a un souci, j’en fais part d’abord à mon concurrent avant d’engager un procès. Je respecte la concurrence et ce n’est pas en allant devant la justice à tout bout de champ­­­, que le respect s’installera. C’est ce qui s’appelle faire de la concurrence saine et loyale.


Bertrand Guillot

Lundi 4 Mai 2009
A P
Lu 1663 fois



Dans la même rubrique :
< >

Lundi 22 Octobre 2018 - 12:14 Estelle Félicité, la coach de vie qui chante