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Le mannequin lingerie attaque Monique Orphé en diffamation

Il y a un mois, Monique Orphé publiait une virulente tribune afin d’exprimer son indignation face à une publicité placardée en 4 x3 partout sur l'île. La campagne de lingerie à l’accroche coquine "Allumeuse, et alors ?" n’était absolument de son goût, d'autant plus en période de fête des mères. Mais aujourd’hui retournement de situation, c’est le mannequin, la ravissante Cassandre Lauret, qui vient de porter plainte contre la députée, vice-Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes à l’Assemblée nationale.


Le mannequin lingerie attaque Monique Orphé en diffamation
La publicité est simple, une jeune femme en sous-vêtements rose avec l’accroche suivante "Allumeuse, et Alors" suivie du hastag  #ET-ALORS. Cette campagne Vogue a illico provoqué l’indignation de la députée Monique Orphé. 

Cassandre Lauret, le mannequin choisi par Vogue pour cette campagne, s’est sentie directement attaquée par les propos suivants de Monique Orphé (sic) "(Vogue)… a parsemé sur toute l’île des publicités sexistes présentant une femme dans une posture aguicheuse absolument pas naturelle, en sous vêtements, en sous-titrant le tout par trois petits mots au ton soi-disant libertaire et pourtant lapidaire…". 

Dans une vidéo publiée sur Facebook, Cassandre a choisi de faire une mise en point. Pendant plus de 3 minutes la jeune Saint-Joséphoise s’exprime très clairement et affirme son droit à exercer librement son métier. " Petite mise au point concernant la polémique de ma publicité en sous-vêtements. J’ai hésité à prendre publiquement la parole concernant la campagne de fête des mères Vogue qui a été qualifiée de sexiste par l’association de droit des femmes…". 

"Si cette publicité avait été dégradante en quoique ce soit pour l’image de la femme , je ne l’aurais pas faite" 

La blonde Cassandre tient à mettre les points sur les i et à dédramatiser la lecture qui a pu être faite de cette campagne : "Si cette publicité avait été dégradante en quoique ce soit pour l’image de la femme , je ne l’aurais pas faite. Le hashtag était peut être un peu provocateur mais le monde de la pub est là pour vendre. Je pense qu’il n’a pas été vu dans le bon sens, avec humour et légèreté…".  

Cassandre Lauret explique ensuite qu’elle y voit bien plus une image de la femme forte, désirable et désirée. Avec humour, elle poursuit sa démonstration "Un peu tout a été mélangé et on m’a qualifiée de femme objet. Il faut savoir que les sous-vêtements, je ne les vendais pas pour les hommes et au niveau de la coupe ça irait mieux à une femme ! ". 

Le mannequin affirme ensuite que ces accusations sont "d’un autre âge", et de poursuivre son raisonnement en affirmant que l’on devrait alors interdire dans cette optique tous les concours de beauté. 

A très juste titre la jeune femme s’interroge ensuite sur la campagne Vogue en cours actuellement, pour la fête des pères, où l’on voit un homme en caleçon sans pour autant qu’il s’attire les foudres de la députée en tant qu’homme objet. 

"Elle a confondu la personne réelle et mon travail" 

"Je tiens à clarifier les choses car moi-même j'ai été qualifiée de jeune femme aguicheuse dans une position pas naturelle par la députée vice-présidente de l’association des femmes… Elle a confondu la personne réelle et mon travail. Une plainte a été déposée pour diffamation". 

La jeune femme poursuit son coup de gueule en affirmant : "Je suis une femme forte qui s’assume". La justice devra trancher quant à savoir si la diffamation est avérée. 

Un photographe de la place a également tenu à réagir. Laurent Capmas, habitué à ce genre de polémique à La Réunion -il est l’auteur du magnifique calendrier des rugbywomen de l’Etang Salé- nous confiait : "On ne s’attaque pas directement au produit, ni à la marque, ni à l’agence. Le mannequin est mis en cause. Il y avait plus de liberté dans les années 80 que maintenant…". 

A méditer...

La video coup de gueule de Cassandre Lauret publiée sur Facebook


La tribune de Monique Orphé en date du 17/05/17

Le mannequin lingerie attaque Monique Orphé en diffamation
MARRE DES PUBLICITÉS SEXISTES 

A l’approche de la fête des mères, le magasin réunionnais Vogue a cru faire le plus beau des cadeaux aux mamans, aux sœurs, aux cousines, aux adolescentes et plus généralement à toutes les femmes : il a parsemé sur toute l’île des publicités sexistes présentant une femme dans une posture aguicheuse absolument pas naturelle, en sous vêtements, en sous-titrant le tout par trois petits mots au ton soi-disant libertaire et pourtant lapidaire« Allumeuse, et alors ? ».  

Et alors ? Et alors, une fois de plus le corps de la femme est utilisé à outrance pour promouvoir un objet de consommation comme si les deux étaient nécessairement liés. Les publicitaires nous imposent ainsi leur normes et leurs fantasmes et les femmes ne sont plus disposées à laisser faire cette association d’images. La vigilance doit être de mise à tous les instants. D’abord parce que la publicité a nécessairement un impact sur l’image et le rôle de la femme dans la société. Elles incitent nos jeunes filles à la boulimie, l’anorexie, le recours à la chirurgie esthétique et nos jeunes hommes à développer des comportements machistes ou de violence sexuelle.  

Ensuite, il n’y a rien de plus sexiste que d’utiliser le terme d’ « allumeuse » pour une femme. Allumeuse pourquoi ? Parce qu’elle porte des sous-vêtements ? Dirait-on qu’un homme est un allumeur parce qu’il porte des sous-vêtements ? Le sous-vêtement est présenté là comme un objet de fantasme pour les hommes, hors il est d’abord un vêtement de confort et de maintien pour les femmes. Nous portons des sous-vêtements avant tout pour nous-même.  

Ces publicités ne doivent pas être prises à la légère : tolérerait-on des affiches homophobes ou racistes ? Bien sûr que non. Le sexisme doit provoquer la même indignation car ce sont les rapports femme-homme qui sont en jeu et donc l’équilibre même de notre société. Il faut continuer à lutter pour que la publicité ne propage pas les stéréotypes de genre, pour qu’elle ne banalise pas la sexualité qui rend les femmes plus vulnérables à la violence, pour qu’elle n’impose pas de normes de mensurations corporelles portant atteinte à l’estime d’elles-mêmes, enfin elles ne doivent pas être axées sur des valeurs de séduction, de charme et de sexe qui ciblent principalement les fillettes et les adolescentes contribuant ainsi à leur hypersexualisation.  

Le maire de Londres a agi dès son élection en 2016 pour limiter les publicités associant le corps des femmes à des objets de commercialisation en passant des contrats avec les afficheurs publicitaires. En 2017, la maire de Paris Anne Hidalgo, lui a emboîté le pas en faisant interdire les publicités sexistes dans la capitale.  

A la Réunion, à l’avant garde, nous avons dès 2009, signé une charte contre les publicités sexistes qui fleurissaient alors sur l’île. Je constate aujourd’hui que certains commerciaux se laissent aller à certaines dérives que nous ne laisserons pas passer. J’appelle les maires réunionnais à agir pour refuser ces affiches sexistes. J’appelle donc les femmes et les hommes de notre île à boycotter ce magasin à l’origine de cette publicité qui porte atteinte à la dignité des femmes.   


Monique Orphé 
Députée de la 6ème circonscription de la Réunion 
Vice-Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes à l’Assemblée nationale 

Mardi 13 Juin 2017
7magazine
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