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MARGIE SUDRE

« Il n’y a qu’une Margie en France… »

On sent de la frustration et du regret. Beaucoup d’incompréhension aussi. Mais pas de colère. Elle garde une sérénité - « classieuse », aurait dit le regretté Serge Gainsbourg - dans ses attitudes et ses propos. Margie Sudre sait pertinemment qu’une page importante de sa vie politique va se tourner : après le 13 juillet, et après dix années au Parlement européen, elle quitte Strasbourg et Bruxelles. Boutée de la tête de liste européenne UMP au profit de l’Antillaise Marie-Luce Penchard, elle a jugé inutile de faire de la figuration. Se sent-elle alors libérée ? En tout cas, c’est avec franchise que Margie Sudre répond. Sans fioritures, sans détours, sans langue de bois. Sans concession, aussi…


Coté chic

MARGIE SUDRE
Ne plus être députée européenne signifie t-il pour Margie un retour à son métier d’anesthésiste ?

Non, car j’ai l’âge de la retraite. Au mois de juillet, j’aurais 65 ans, et l’anesthésie est un métier qui requiert beaucoup de force physique. C’est un métier difficile, éprouvant. Et j’ai l’âge requis pour accéder à la retraite de la députation européenne. Vous avez la réputation d’être proche de Jacques Chirac. Est-ce que vous le voyez toujours autant ? Comment va t-il ? Jacques Chirac a quelques soucis de santé. Il fait un régime, il doit se surveiller, et cela le fatigue beaucoup. Je ne le vois pas régulièrement, mais à chaque grande occasion, il ne manque pas de m’inviter. La dernière fois, c’était pour les 50 ans du Conseil Constitutionnel qui a réuni tous les ministres de la Vème République encore en vie !

Que garderez-vous comme meilleur souvenir de ce mandat européen ?
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Coté choc

MARGIE SUDRE
Que répondez-vous à ceux qui disent que Margie Sudre n’a jamais été élue sur un scrutin nominal et qu’il lui faut toujours passer par un scrutin à listes ?

Je me suis présentée une seule fois sur un scrutin nominal. C’était aux législatives, sur un bastion communiste, et c’était vraiment mission impossible. Et pourtant, j’ai fait le meilleur score de toute la droite sur cette circonscription ! Vous abstiendrez-vous pour les européennes, par frustration de ne pas y être ?

Est-ce que vous soutiendrez Yolaine Costes, est-ce que vous irez en meeting avec elle ?

Non, et je l’ai dit à Yolaine. Je l’ai vu, je lui ai donné toutes les informations qu’elle souhaitait. Mais ça s’arrête à là. Quand on voit que l’on choisit Françoise Vergès comme experte pour les Etats Généraux de l’Outre-Mer, on comprend très bien vers qui le gouvernement se tourne ici. Et je ne me retrouve absolument pas dans ces choix. Au-delà de cette analyse, avez-vous l’impression d’avoir payé votre proximité avec Jacques Chirac.

En voulez-vous à Nicolas Sarkozy ?

J’ai un grand regret, c’est de ne pas avoir pu parler avec Nicolas Sarkozy, malgré une demande de rendez-vous. Alors, je ne saurai jamais le pourquoi des choses. Est-ce le fait d’être chiraquienne ? Est-ce le lobbying de Marie-Luce Penchard ? Je ne sais pas… J’avoue que je pars avec regret. J’aurais bien fait cinq ans de plus. On a souvent reproché à Margie Sudre d’être plus à Bruxelles et Strasbourg qu’à la Réunion.

Est-ce que, enfin, Margie Sudre va pouvoir s’occuper de ses dossiers à la Région ?
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MARGIE SUDRE

Jeudi 23 Avril 2009
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