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Une antillaise de 74 ans, plus ancienne détenue de France, demande la grâce présidentielle

A 74 ans, de sa prison de Rennes, elle demande la grâce présidentielle... Incarcérée depuis 33 ans, cette Antillaise a été condamnée à la perpétuité pour meurtre . En hôpital psychiatrique depuis 21 ans, elle souhaite y rester mais avoir un minimum de liberté...


La prison pour femmes de Rennes
La prison pour femmes de Rennes
Elle ne demande qu'un allègement de sa peine, sachant qu'elle est condamnée à la perpétuité. Le crime a été commis aux Antilles, où elle a été incarcérée en 1985, puis transférée en 1988 à Rennes.

Son avocate, comme le révèle France Info, Maître Virginie Bianchi ne va pas demander la totale liberté mais va essayer auprès du Président d'obtenir un allégement de son hospitalisation sous contrainte comme elle l'explique : " C’est très concret. Aujourd’hui, elle ne peut pas avoir de téléphone portable. Elle qui est très croyante aimerait bien contacter les amies de la paroisse qu’elle est parvenue à rencontrer. 
Autre exemple : si elle doit se rendre à un rendez-vous médical, elle doit être accompagnée par des gardiens de prison. Or tout ce qui lui rappelle la prison, la terrifie au plus haut point. Ma cliente n’a donc pas vu de gynécologue depuis 21 ans
". 

Emmanuel Macron va-t-il accéder à sa demande?

La plus ancienne détenue de France, 33 ans derrière les barreaux dont 21 ans en hôpital psychiatrique, demande donc à nouveau une grâce présidentielle. En 2015, François Hollande n'avait pas répondu à une première demande.

Son avocate, sans révéler l'identité de sa cliente afin de la protéger, a souhaité en dire un peu plus : " Née en 1944, elle vient d’un milieu très défavorisée. Elle avait très probablement des troubles psychologiques dès son adolescence qui n’ont pas été soignés. C’est une femme très fragile, dans une très grande souffrance. Native d’une "petite île française des Antilles. Elle a connu la rue, la misère et la violence ".

Son conseil a ensuite évoqué ses conditions de détention loin de ses racines : "A l’époque, Rennes était le seul établissement pénitentiaire pour femmes susceptible d’accueillir les longues peines. Ma cliente est donc arrivée pour la première fois en métropole pour être incarcérée. Elle parlait assez mal le Français, elle n’avait aucune famille ici. C’était le déracinement le plus total ".

En France, aujourd'hui environ 600 personnes sont condamnées à la perpétuité, dont au moins dix femmes.
 

Vendredi 18 Mai 2018
Chloé Grondin
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